Récits des sessions

Session botanique de juin 2019 à Le Bono, Golfe du Morbihan

Dimanche 23 juin

L’équipe d’encadrement arrive au Domaine de l’Abbatiale, situé au bord de l’anse de Kerdréan sur la commune du Bono. Il s’agit d’une ancienne demeure en granit au milieu d’une quinzaine d’hectares de parc. Un soleil voilé nous accueille avec une température agréable de 26°.

Lundi 24 juin

Nous avons le plaisir d’être rejoints par Fabienne Millet, spécialiste aromathérapie, et nous herborisons dans le parc et les environs, heureusement en sous-bois parce qu’il pleut.

Beaucoup d’arbres nous protègent : les Lauriers nobles, Noyers, Ifs, Frênes, Ormes, Noisetiers, Chênes, Châtaigniers, Hêtres, Pins maritimes, Merisiers, et même un Figuier couvert de figues.

Entre ces arbres : le Houx, le Genêt d’Espagne, le Prunellier, le Petit Houx, l’Aubépine, l’Ajonc d’Europe, le Laurier Tin et le Genêt à balai se partagent les espaces. La Fougère Aigle est partout. Nous atteignons le bord du Golfe et sa végétation de slikke et de schorre avec la Salicorne, l’Obione, la Soude maritime, les Oreilles de cochon.

Sur le chemin, Chantal Van Haluwyn se réjouit de trouver le Teloschistes chrysophthalmus, très élégant petit lichen jaune, bien installé sur une rangée de prunelliers, au chaud, au bord du Golfe.

L’après-midi, aux alentours en bord de route, la Petite Oseille des sols siliceux côtoie la jolie Andryale bretonne, la Jasione des montagnes et autres Digitale pourpre ou Fumeterre officinal.

Sur un chemin parfois inondé, nous voyons le Jonc des crapauds, la Matricaire discoïde, le Millepertuis rampant, le Gnaphale des marais, la Stellaire holostée et l’Avoine au chapelet.

Mardi 25 juin

Après une demi-heure de route, nous atteignons le site du « Men-Du » (Pierre noire), plage située entre La Trinité et Carnac plage.

De nombreuses plantes de sable nous attendent : le Lagure ovale, le Fenouil, la Giroflée des sables, l’Ail à tête ronde, ainsi que des arbustes : le Tamaris et le Baccharis assez envahissant. Nous rencontrons aussi des algues sur le rivage : les Fucus denticulé et vésiculeux, l’impressionnante Laminaire digitée et même la Sargasse japonaise !

En avançant dans le golfe vers un îlot par un chemin inaccessible à marée haute, nous observons la Matricaire maritime, le Pavot cornu et le tout petit Scleropoa marin.

L’après-midi, à l’étang de Cranic, nous retrouvons des plantes des milieux humides : le Cirse des marais, la Salicaire ou la Petite Centaurée.

Mercredi 26 juin

Nous restons au Bono autour du Tumulus de Kernours. Cette tombe du Néolithique, bien antérieure aux Pyramides d’Egypte, fut utilisée de 5000 à 2000 ans avant Jésus-Christ.

Aux alentours de ce site à l’ambiance bien particulière, nous observons la Bruyère cendrée côtoyant la Callune, le très joli petit Millepertuis à feuille de Linaire et la Pédiculaire des bois ainsi que la Cuscute du Thym.

Nous descendons ensuite le long de la route où la Scrophulaire scorodoine pousse en compagnie du Bouillon blanc.

Par le sentier Mathurin Hilary dit Tintin, nous arrivons à un talus chaud face au golfe où plusieurs Arbousiers se sont bien développés ainsi que des Chênes verts.

Le soir nous accueillons les stagiaires autour du verre de l’amitié sous la tente berbère des jardins de l’hôtel ; il fait très chaud !

Jeudi 27 juin

Nous herborisons en deux groupes sous la conduite de Bruno de Foucault et Daniel Petit munis de leurs micros, dans le parc et les environs du domaine : sous-bois, lisières, bords de prairie et prés salés. La variété floristique ne manque pas. Très présente, l’Oenanthe safranée se répand autant en lisière qu’en plein champ, alors qu’en sous-bois le Nombril de Vénus se détache de chaque côté du sentier. Plus près de l’eau, les Joncs étalés, agglomérés, des crapauds, de Gérard, côtoient le Lilas de mer, le Lotier des fanges ou le Troscart maritime.

Au retour, Gérard Peyrac nous invite à nous replonger dans la formation géologique de la Bretagne, tour de force rondement mené étant donné la complexité du sujet. Bernadette Peyrac nous met en garde contre les plantes toxiques que nous avons rencontrées : l’Oenanthe safranée, l’If, l’Arum, la Bryone, et nous explique les vertus phytothérapeutiques de la Bruyère cendrée, de la Bugle rampante, du Lycope, du Tilleul, de l’Achillée millefeuille, du Frêne, du Noyer, de l’Aubépine, mais aussi du Lierre grimpant, du Plantain, de la Benoîte, du Laurier noble, du Fragon, du Noisetier, et du Chêne.

Vendredi 28 juin

Nous avons la chance de retrouver le professeur Jean-Roger Wattez, botaniste de la faculté de pharmacie d’Amiens, au site du Men-Du, qu’il connaît bien.

En bord de plage, nous voyons le Panicaut et l’Euphorbe des dunes, le Gaillet des sables et la Renouée maritime. Puis nous nous approchons de l’eau près de la Betterave maritime, la Roquette de mer, le Crithme maritime et la Salicorne sous arbustive.

Une seconde station nous amène le long de la mer avec sur le talus la Matricaire maritime.

La troisième station se situe au Tumulus Saint Michel où nous arrivons après avoir longé les célèbres alignements de Carnac. Nous sommes au petit hameau de Clou-Carnac. Ce tumulus, vraisemblablement construit 4000 ans avant JC, est fermé à la visite et fit l’objet de fouilles récentes. En Bretagne, le sol acide dissout les os, et les sépultures anciennes ne contiennent plus de restes de squelettes.

Dans le bas-marais, on rejoint les Sphaignes et la Molinie, mais la lande à Bruyère, non entretenue, est impénétrable.

En fin d’après-midi, Bernadette nous présente la manière d’utiliser le Pin, l’Armoise, la Germandrée, la Salicaire, la Brunelle, la Petite Centaurée, la Piloselle, la Chélidoine, la Douce-amère, la Bourse à Pasteur, la Lavande, l’Erysimum, le Fraisier, le Genêt à balai, le Géranium Robert, le Liseron et l’Eschscholzia, et nous met en garde contre la toxicité de la Digitale.

Samedi 29 juin

Nous nous dirigeons vers un bord de route humide aux environs de Saint Laurent sur la commune de Ploemel. Mr Wattez nous y rejoint. Dans l’eau nous identifions la jolie Fluteau fausse Renoncule et le Scirpe flottant. Autour d’eux, sur le talus ou sur le plat, on trouve : la Bruyère ciliée, le Gaillet fin, le Lin usitatissimum, la Fleur de coucou et la Mauve musquée.

Pendant ce temps, Chantal et Joëlle sont à la recherche d’une ancienne chapelle qu’elles trouvent non loin de là. Le lieu bucolique et fleuri est enchanteur.

Pour le pique-nique, nous retournons au Tumulus de Kernours. Puis nous nous installons sur des bancs en ce lieu chargé de préhistoire où les ingénieurs du son Jean-Charles et Gérard ont tout prévu, c’est super.

Bernadette nous expose alors l’intérêt du Fenouil, du Figuier, du Lotier corniculé, du Gattilier, de l’Eglantier, du Sureau, de la Verveine, du Coquelicot, de la Pariétaire, du Pissenlit et de la Ballote fétide.

En rentrant nous faisons les courses pour le pique-nique de fin de session, qui a lieu sur la plage de Locmiquel, près de Baden. Le soleil brille et l’ambiance chaleureuse amène Michelle Petit à chanter a cappella des airs d’opéra.

Le Golfe du Morbihan nous a séduits par ses paysages magnifiques et son calme de mer intérieure, ainsi que par sa flore diversifiée tant le climat en est doux.

Nous avons aussi aimé renouveler notre amitié à ceux que nous retrouvons chaque année et sympathiser avec de nouvelles connaissances.

Pascale Laune

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Session de l’École des plantes de Bailleul en Bergeracois 2017

Session botanique dans le Bergeraçois en 2017En ce 18 juin, le stage annuel de l’École des plantes nous conduit en Périgord à St Julien de Crempse. Après avoir traversé bois et forêts depuis l’autoroute et fait connaissance avec ce poumon vert à l’habitat dispersé, nous découvrons « le Manoir du grand Vignoble », jolie demeure périgourdine du XVIIème, entourée d’une mare, de terres et de chevaux. L’endroit isolé est magnifique.

Depuis quelques jours il fait très chaud, la canicule n’est pas loin et la végétation déjà bien avancée. Les Bignones orangées fleurissent abondamment et décorent murs, poteaux et tonnelles du « jardin salle à manger » où nous dégustons, le soir même, Périgord oblige, un parmentier de canard ! Toute la semaine la cuisine nous ravira.

Lundi 19 juin

Lundi matin nous herborisons dans la propriété : autour des tennis et piscine en sous-bois, dans la cour et vers la mare. L’après-midi nous partons pour le joli village de Queyssac, il fait 34 degrés à l’ombre.

  • Nous admirons : le « pigeonnier ? Silo ? Chef d’œuvre de compagnon ? …. Il garde son secret !
  • La jolie petite rivière Mary dans laquelle poussent des plantes filtrantes et dépolluantes et où volètent, parmi les grandes libellules, de belles demoiselles Rhinocypha aux ailes bleu-noir.

Pour l’exploration du « chemin des orchidées », la chaleur plombante du soleil ne rend pas la chose aisée, mais l’ombre d’un grand Noyer nous accueille.

Mardi 20 juin

Mardi matin nous partons à la recherche d’une tourbière au Laquin vers le site de Gammareix à 88m d’altitude, pas facile à trouver ! Heureusement, nous ne sommes que quelques-uns ; le lieu est petit, dangereux par ses trous très profonds. La Drosera y est reine, elle vit en compagnie de la Linaigrette, la Callune, la Molinie et les Sphaignes. Il nous faut renoncer à y emmener le groupe !!! En revenant vers le parking le chant des cigales régale nos oreilles.

Mercredi 21 juin

Herborisation au bord de la route dans le BergeraçoisMercredi matin, en herborisant le long de la route autour de l’hôtel, Bruno de Foucault rencontre une belle station de Camomille romaine alors que Daniel Petit et Chantal Van Haluwyn découvrent le site du Cingle de Trémolat au-dessus d’un méandre de la Dordogne.

Le soir, c’est l’accueil des participants au stage dans la salle mise à notre disposition par l’hôtel. Chantal donne les instructions pour les jours à venir et tout ceci se termine avec la joie de se retrouver autour du verre de l’amitié !!!!

Jeudi 22 juin

Jeudi matin nous herborisons en deux groupes avec Bruno de Foucault et Daniel Petit, dans l’enceinte de la propriété. La végétation y est celle des sols acides du fond euro-sibérien, alors nous retrouvons une végétation connue. Pour les arbres : le Marronnier d’inde, le Pin maritime, le Chêne sessile, le Robinier faux-acacia, le Charme et l’Alisier torminal. Le Chêne tauzin et le Chêne vert étant plus aquitains. Dans les arbustes nous pouvons bien observer la différence entre l’Ajonc d’Europe et l’Ajonc nain et retrouver le Noisetier, l’Aubépine, le Genêt à balais, la Callune et la Bruyère cendrée. Au-dessous, la Fougère aigle est bien présente mais aussi la Garance voyageuse…..parmi bien d’autres…et même la Jasione des montagnes.

Il fait beaucoup trop chaud pour herboriser encore l’après-midi, alors la « popotière » distribue les sandwiches et à 14 heures nous nous retrouvons en salle avec Bernadette Peyrac pour qui la phytothérapie n’a pas de secrets. Elle nous raconte les vertus et l’utilisation des plantes rencontrées le matin : l’Achillée millefeuille trésor des chemins ; l’Aubépine, l’Agripaume, la Menthe, le Frêne, la Reine des prés, la Brunelle, l’Ortie, le Pin sylvestre et bien d’autres….

Vendredi 23 juin

Vendredi …On respire… Nuages et bruine ayant ravi les pèlerins, nous nous dirigeons vers Queyssac où, après avoir herborisé le long de la petite Mary si jolie, nous empruntons le chemin des orchidées et rencontrons le Pin sylvestre et le Chêne pubescent mais aussi le Tilleul à larges feuilles et l’Erable champêtre. Beaucoup d’arbustes tels que : le Buis, le Houx, le Genévrier, le Troëne, les trois Viornes, le Camerisier, le Nerprun cathartique, le Fragon piquant ou autres Cornouiller, Fusain et Sureau.

Si les orchidées sont défleuries, il reste trace de l’Orchis bouc et de jolies fleurs de Lin à feuilles étroites, la Knautie des champs et la Bugrane au milieu de l’Origan commun très abondant sur les talus. Nous avons aussi la chance d’observer, sur un muret, la délicate Capillaire de Montpellier.

L’après-midi Gérard Peyrac nous explique la formation géologique du Périgord, divisé en quatre territoires colorés : le blanc, le noir, le pourpre et le vert.

Bernadette prend le relais en nous vantant les mérites du Fenouil, de l’Origan, du Tilleul , de la Chicorée et d’autres encore, sans oublier de nous rappeler la dangerosité des plantes toxiques que nous avons aussi rencontrées : la Morelle douce-amère, le Pétasite, la Vipérine, le Gui, ou le Fusain d’Europe.

Samedi 24 juin

Samedi, soleil et chaleur sont de retour ; nous allions tourisme et herborisation en rejoignant le « Cingle de Trémolat ».

La végétation très différente, celle d’un talus calcaire exposé au sud, nous permet de rencontrer des méditerranéennes telles que l’Ail à tête ronde, le Liseron cantabrique, le Fumana à feuilles de bruyère, l’Hélianthème des Apennins ou encore l’Orpin de Nice. Le panorama est unique et splendide sur la plaine de la Dordogne.

Près de l’Auberge des trois canards, où nous pique-niquons, nous découvrons la bordure d’un petit champ d’orge où voisinent : l’Ail des vignes, la petite Centaurée élégante, l’Avoine à chapelets et à barbe, le Liseron des champs et la Renouée liseron.

Nous partons alors pour Limeuil au confluent de la Vézère et de la Dordogne sur lesquelles fleurit un tapis de Renoncule aquatique et chacun, selon ses désirs, s’égaie dans Limeuil. Beaucoup se retrouvent tout en haut, aux Jardins panoramiques, à l’emplacement de l’ancien château-fort. Ensuite Il nous faut rentrer afin d’écouter Bernadette ; elle nous redit que Dame nature est décidément bien riche, mais il ne faut jamais oublier l’adage qu’André Caudron ne cessait de répéter : boisson, potion, poison…tout est question de dosage !!!

Le Périgord ne nous a pas livré tous ses secrets tant la région est riche de sa diversité, mais nous avons pu jouir de son calme et de sa sérénité et partager, une fois encore, des moments d’amitié autour de cette passion commune qu’est la découverte de la flore et de ses secrets.

Pascale LAUNE

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Session de l’Ecole des Plantes de Bailleul en Haute-Savoie du 22 au 26 juin 2016

Par Pascale Laune – Découvrir la session en photos

Session botanique 2016 de l'école des plantes de BailleulCette année, après un mois de juin froid et pluvieux, la session de l’école des Plantes nous conduit à SAMOËNS, dans la vallée du Giffre, torrent sauvage gonflé par des eaux printanières particulièrement abondantes.

Nous logeons au centre de vacances « Les Becchi », placé sous la protection de « Don Bosco », dont l’organisation prévue pour un grand nombre de personnes nous rend les choses aisées. Les pique- nique sont à disposition de tous chaque matin, et une salle adaptée à l’enseignement de la phytothérapie nous accueille en fin d’après-midi. Nous sommes tout de même une soixantaine de participants !

L’équipe d’organisation, présente le dimanche 19 juin en soirée, herborise dès le lundi matin au Nord de Samoëns, vers les Allamands, au lieu-dit du Crêt, à 997 m d’altitude, et l’après-midi au parking supérieur à 1098 m.

La riche flore permet à Bruno de Foucault et à Daniel Petit de noter quelques 160 taxons et parmi eux de nombreuses plantes utiles en phytothérapie.

Le mardi, Gérard Rivet, botaniste savoyard, nous accompagne dans la vallée du Giffre, au cirque du Fer-à-Cheval en bordure de la réserve naturelle de Sixt Passy. Le paysage nous coupe le souffle !… Malgré la pluie qui ne cesse pas depuis le matin nous nous dirigeons vers Salvagny et herborisons autour du parking de la Feulatière. La pluie s’arrête un peu, nous trouvons la Grassette commune en grand nombre. Cette petite mignonne est carnivore… pour les insectes qui se collent sur ses feuilles et qu’elle digère… sans leur carapace bien sûr !

Le mercredi matin nous montons au col de Joux Plane à 1690 m d’altitude et retrouvons les jolies gentianes et leurs consœurs des hauteurs.

L’après-midi nous allons visiter le très beau jardin botanique de la Jaysinia au centre de Samoëns, et il est temps d’accueillir les participants à la session… il fait très chaud !

Jeudi 23 juin

Bien répartis dans les voitures nous voici en route pour la vallée du Giffre et Sixt Fer-à-Cheval. Nous saluons l’innovation de cette année : Bruno et Daniel, nos deux botanistes, arborent un petit micro-cravate, et grâce aux porteurs d’amplificateurs chacun entend ainsi beaucoup mieux !!

Nous sommes en lisière forestière à l’étage montagnard ; la végétation, pourtant retardée d’environ deux semaines cette année, n’y est pas moins abondante et variée. Nous herborisons ensuite dans une jolie pelouse.

Nous pique-niquons non loin des voitures… Il fait très chaud… gare à l’insolation ! Le torrent n’est pas loin, les toilettes sèches non plus, et les à-pics vertigineux appellent les photos.

Nous nous dirigeons alors vers Salvagny où nous herborisons le long d’un chemin forestier montant. Sur notre gauche, l’eau descendant de la montagne en petits filets continus favorise la croissance de plantes de zones humides comme le Populage, les joncs, et les carex.

A notre retour aux Becchi, Gérard Peyrac nous invite à nous replonger dans la formation géologique des Alpes, puis Bernadette Peyrac nous parle de l’utilisation phytothérapeutique de l’Achillée millefeuille, l’Alchémille glabre, l’Aspérule, la Benoîte, la Bugle rampante, le Fraisier, le Géranium herbe à Robert, le Lotier corniculé, le Millepertuis perforé, le Noisetier, l’Origan, le Plantain major, la Scrofulaire, la Tormentille et la Valériane officinale, mais attention à  : l’Aconit tue-loup et le Vérâtre, toxiques !!… Toutes plantes qu’elle est contente de pouvoir montrer puisqu’elles ont été récoltées ce jour.

Vendredi 24 juin

Par un beau soleil nous montons à 1690 m au col de Joux Plane retrouver la végétation d’altitude sur sol acide. L’Aulne vert y côtoie la petite Violette à fleurs jaunes et la Violette des marais. Nous photographions la « guttation » de l’Alchémille dont les bulles brillent au soleil.

L’Arnica ne nous présente que ses feuilles mais la Bartsie ses fleurs. Les deux Gentianes Acaule et Printanière ponctuent la pelouse d’un bleu intense, accompagnées par la délicate Soldanelle mauve. Il faut chercher l’Airelle sous les Rhododendrons ferrugineux, quant au Pied-de-Chat on le découvre soudain dans un petit jardin rocheux près des Globulaires. L’Orchis mâle n’est pas en reste. Nous découvrons la deuxième Grassette, celle des Alpes, les Trolles, et la mignonne Primevère farineuse … On ne sait plus où se tourner pour admirer ces petites merveilles.

Cette fois nous pique-niquons aux Becchi puisque l’après-midi est consacré à la visite du jardin botanique de la Jaysinia au centre-ville de Samoëns. C’est un chemin ombragé montant régulièrement, promenade bucolique parmi plantes, arbustes et arbres remarquables, formant une très belle collection dépaysante.

En fin d’après-midi Bernadette Peyrac nous présente les vertus thérapeutiques, entre autres, de la Myrtille, de l’Ortie, du Pied-de-Chat, du Pissenlit, du Tussilage, de la Verveine officinale, de la Viorne obier, sans oublier de nous rappeler la toxicité du Rhododendron.

Samedi 25 juin

Nos voitures nous mènent au nord de Samoëns vers les Allamands, nous nous arrêtons au parking du Crêt à 997 m d’altitude.

Nous sommes à nouveau en forêt, nous pouvons y observer de minuscules Moehringhie mousses et de grandes Ancolies sombres, le Géranium des bois, la Knautie à feuilles entières voisinant le Lamier jaune et la Stellaire des bois. De nombreuses fougères se mêlent aux jolis arbustes : le Chèvrefeuille noir, le Rosier des alpes sans aiguillons, le Chèvrefeuille alpigène ainsi que le Camérisier.

Mais le ciel, couvert depuis le matin, finit par déverser des trombes d’eau sous l’orage ! Alors nous pique-niquons dans les voitures, pensant que la pluie pourrait s’arrêter… devant une telle adversité nous renonçons à l’herborisation de l’après-midi.

En salle nous révisons les plantes découvertes en visionnant des photos. Bruno nous invite ensuite à tester l’utilisation de sa Flora Gallica – Flore de France, à l’aide de plantes à déterminer !

L’orage est passé, après la pluie le beau temps, et nous nous retrouvons avec Bernadette et la phytothérapie. Ce dernier soir elle nous invite à considérer les vertus de l’Aegopode, de l’Aubépine, de la Renouée bistorte, de la Circea lutetiana plante fétiche d’André Caudron, de la Grande Berce, de la Prêle des champs, de la Reine des près, du Saule blanc, du Sureau noir, et nous met en garde contre les toxiques Lycopode, Eupatoire chanvrine, et Fougère mâle.

Voilà encore une session qui s’achève … Quelques-uns partent ce samedi soir, d’autres plus nombreux dimanche matin. Nous avons bien travaillé, communié avec la nature, côtoyé avec plaisir d’anciennes connaissances et sympathisé avec de nouvelles … Nous avons été heureux.

Pascale Laune

 

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Session de l'école des Plantes en Aude orientale du 25 au 27 juin 2015

Beaucoup font le voyage en train, certains en voiture sur une ou deux journées, et un …à vélo !!      Il met du temps mais arrive en pleine forme.

Quelques-uns logent au camping, et une grande partie des participants se retrouvent à l’hôtel de la Clape à Narbonne plage.

La session a été bien préparée par Bruno de Foucault, notre grand botaniste.assisté de son épouse Michèle.

Des éclaireurs ayant souhaité prendre contact avec les lieux plus vite, nous préviennent dès notre arrivée de la présence d’un invité peu sympathique : le moustique. Celui-ci ayant déjà fait des ravages visibles sur leurs bras et leurs jambes….il ne reste plus qu’à se procurer des répulsifs efficaces à la pharmacie de Narbonne plage.

Le climat méditerranéen ravit les inconditionnels du soleil et la proximité de la mer à deux pas de l’hôtel permet aux voyageurs de se rafraîchir, à moins qu’ils ne préfèrent la piscine de l’hôtel.

Après un petit muscat du pays le dîner rassemble les participants dans le patio.

Jeudi matin 25 juin à 9 heures

Les voitures se remplissent et c’est le départ pour la plage de Grande Rouquette où deux groupes vont observer les plantes. L’un guidé par Bruno de Foucault, l’autre par Daniel Petit. Après le pique nique sous les tamaris, nous partons vers St Pierre-la-mer et l’étang de Pissevache où nous complétons l’observation des plantes de la végétation littorale.

Bernadette Peyrac et son mari ont trouvé un système ingénieux de bouteilles plastiques remplies d’eau à mi hauteur, puis bien calées dans un cageot, qui permet de conserver au mieux les échantillons de plantes intéressant la phytothérapie. De retour à l’hôtel elle nous en parlera chaque soir dans une petite salle réservée à cet effet.

Vendredi 26 juin

Nous devons observer la végétation du maquis et nous dirigeons vers le massif de Fontfroide. Nous traversons Narbonne et prenons la direction de Lézignan Corbières puis de l’abbaye de Fontfroide. Aucun répit pour les moustiques qui, dès le matin, dégustent toute chair appétissante à leur portée…. qu’à cela ne tienne, nous herborisons joyeusement et croisons des plantes méridionales comme l’euphorbe des garrigues, l’orpin de Nice, la santoline villeuse ou la germandrée des garrigues…. il y a même le ciste crispé du massif de Fontfroide.

Il nous est impossible de ne pas visiter cette splendide abbaye. Nous sommes impressionnés par le lieu, les « bâtiments », l’histoire, l’état actuel de l’ensemble, les vitraux… tout y est magnifique, dépaysant et notre guide passionnante. Le pique nique tardif pour ceux qui ont fait la visite conclut la journée de terrain alors que d’autres se dirigent vers la pinada après Villerouge la Crémade.

Samedi 27 juin

Nous partons herboriser dans la garrigue à La Clape et stationnons sur un parking panorama où le vent fait voler les chapeaux de soleil. Un vendeur de fruits et légumes arrime son étal aux arbres. Il est vite abordé par des participants qui souhaitent améliorer leur pique nique avec tomates, cerises ou autres abricots délicieux. Nos deux groupes observent de nombreuses plantes comme le genêt scorpion, le cade ou le lin de Narbonne. Le paysage est splendide. Après le pique nique quelques uns en profitent pour acheter du vin de pays.

Nous sommes avertis du danger d’incendie à cause du vent violent, et refaisons un petit tour dans la garrigue.

C’est déjà le dernier soir, derniers commentaires phyto, dernier dîner.

Nous avons engrangé des connaissances, partagé l’émerveillement devant la nature, découvert ou entretenu des amitiés, et fabriqué des souvenirs, alors nous nous préparons au voyage de retour, en train, en voiture, ou à vélo.

Pascale Laune

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